Autopsie historique de la galette au sarrasin.

L’on dit communément que les légendes ont la vie dure. Elles remplacent souvent un fait objectivement, froidement avéré, que le long écoulement du temps estompe pour nourrir l’imaginaire, essentiel à l’être humain.

La surréalité enrichit notre imaginaire et nous distingue des autres. Ainsi va-t-il pour notre traditionnelle galette au Sarrasin, naturellement sucrée et forcement bio.

Lorsque l’on la déguste, nous pouvons nous laisser porter par nos songes et cela, au gout de chacun. Cependant, le mot galette au Sarrasin nous transporte, où que l’on soit, parmi les seigneurs Bretons participant à la Première croisade, en 1096.

Mais la déguster avec une bolée de cidre brut entre chien et loup au bord de la mer, au printemps, est plus simple que de vouloir dénouer le réel de la légende ou l’histoire de ses origines.

En partant de Nantes

Au départ de Nantes en cette fin du XIe siècle, se rassemblent autour du duc Alain Fergent, les seigneurs de Machecoul, ceux d'Ancenis, de Châteaubriant. Lorsque ceux du Pays de Retz et de Clisson les ont rejoint, ils se rendent avec leur piétaille rejoindre Godefroy de Bouillon [1] pour libérer Jérusalem que les Sarrasins occupent depuis le VIIe siècle. Une nouvelle page de l’histoire de l’Occident où l’on allait voir, comme on dit, ce que l’on allait voir, Sacrebleu !

Des Croisades, il y en aura huit entre 1096 et la dernière, en 1291, au cours de laquelle, en 1270, le roi de France et pas encore Saint Louis, meurt devant Tunis.


De ces nombreuses expéditions dévastatrices Théo-économiques et non moins culturelles, nos valeureux Croisés tirèrent des expériences impossibles depuis la chute de l’Empire Romain, dans leurs contrées froides et pluvieuses. Ils libérèrent, entre autres, Jérusalem (qui entre nous, était occupé par les Égyptiens) au prix de 60.000 âmes massacrées a la main, firent face à des guerriers aussi cruels qu’eux et la connaissance funeste de Saladin [1], qui leur servit force toises. Ils apportèrent aussi moultes richesses, créèrent des royaumes, les uns éphémères, les autres, vivaces encore dans nos esprits. Et enfin, on y arrive, une céréale inconnue de tous.

[1] Saladin, d’Anne Marie Leddé , Flammarion.


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